C/ Motorisation

D/ Capteurs

    Bien entendu, sur le Rafale, tous les équipements sensibles sont protégés par un blindage contre les émissions radar, radio de forte puissance, ou les impulsions électromagnétiques.

1) Le radar RBE-2

    Au lancement du programme, il était prévu de monter sur le Rafale un radar à antenne mécanique classique : le RDX. Or, les exigences de polyvalence et d'évolutivité n'aurait pas été tenus avec un tel radar. Le RDX eut une descendance, le RDY, qui équipe les Mirage 2000-5.

    Il allait exister pour l'avion polyvalent une solution idéale : l'antenne à balayage électronique. C'est donc vers ce choix tout évident que Dassault et ses partenaires se sont tournés. Dans un premier temps, le "RBE-2" (Radar à Balayage Electronique 2 plans) serait un radar à balayage électronique à antenne passive, les antennes actives étant alors hors de portée technologique.

    Le RBE-2 qui vole donc sur le Rafale possède des qualités complètement hors de portée pour une antenne mécanique. Une antenne PESA (Passive Electronicaly Scanned Array : antenne à balayage électronique passive) est constituée d'une source d'énergie, d'un élément émetteur/récepteur, et d'un réseau de déphaseurs ayant pour but d'introduire un décalage dans les ondes, de façon graduelle, selon le plan d'émission/réception voulu. Ce plan orienté électroniquement, donc quasi-instantanément, figure l'orientation du faisceau, ce qui permet de comprendre que le faisceau d'une telle antenne soit particulièrement rapide.

le RBE-2
Le RBE-2 (photo Thales)

    Ceci a pour effet direct de pouvoir superposer différents modes de fonctionnement du radar, par exemple, le suivi de terrain et la recherche air-air. Cette aptitude du radar est la clef de la polyvalence de l'avion. Bien-sûr, ceci requiert une très grosse capacité de calcul, aussi le processeur de signal est capable de plus d'un milliard d'opérations à la seconde (peut-être plus après traitement des obsolescences du standard F2).

    Les différents modes disponibles à termes (standard F3 de 2008) sont (liste incomplète) :
    Toutes ces fonctions étant, bien sûr, incluses dans un radar de 270kg, ce qui constitue un exploit si l'on considère qu'il fait mieux que le RDI (330kg) du Mirage 2000C et l'Antilope V du 2000D (230kg).

    Notons qu'en air-air, lorsqu'il poursuit 8 cibles, cela signifie qu'il permet une hiérarchisation des cibles, sélection automatique de la plus menaçante puis de lancer rapidement les missiles air-air, sachant qu'il gère quatre LAM (Liaison Avion-Missile) simultanément. La LAM a pour but d'alimenter le missile en informations sur sa cible jusqu'à ce qu'il puisse la trouver de lui même (voir plus loin).

    Bien que sa portée air-air soit considérée comme faible, par rapport aux radars de ses concurrents, il faut mettre ceci à la lumière du fait que le Rafale, pour la France, sera épaulé par au moins des avions AWACS pour la détection (voir plus loin, "Intégration totale"). Pour l'exportation, l'antenne active à portée accrue (de 30 à 50%) a toujours été proposée.

    On l'a vu, grâce à l'agilité de son faisceau, le radar peut balayer n'importe quel secteur dans un cône de 60°, s'attardant où bon lui semble, en adaptant au mieux ses fréquences (de BFR -basses fréquences- à HFR -hautes fréquences- en fonction de la vitesse radiale de la cible), pour optimiser la détection, au dessus et au dessous de l'horizon. Ceci lui permet une grande résistance aux contre-mesures électroniques, comme aux manœuvres (du genre "beam", grâce à des modes mémoire afin de garder une trace d'un écho). Il permet également de distinguer les avions volant en formation serrée.

    Mais ce n'est pas tout. Les concepteurs n'ont pas oublié les impératifs de discrétion : outre le fait que son antenne fixe renvoie naturellement moins les ondes qu'une antenne mobile (mécanique), ses émissions sont discrètes (LPI : low probability of Intercept). Par exemple, il peut être programmé avant le vol pour contrôler le plus finement les émissions.

    Toutes ces fonctions, ces modes, sont bien-sûr manipulés via une interface soignée pour faciliter la tâche du pilote.

    Le RBE-2 lui aussi, est sujet à amélioration depuis le début, car comme déjà dit, il est que le prélude à l'antenne active. Pour 2012, le Rafale devrait donc recevoir l'antenne AESA (Active Electronicaly Scanned Array). L'antenne active est en fait constituée de 1000 modules émetteurs/récepteurs indépendants, à priori à base d'AsGa (Arséniure de Gallium). Ceux-ci peuvent fonctionner en sous-groupes, réaliser plusieurs fonctions différentes en même temps, et multiplient le champs des possibilités. D'une façon générale, le passage à l'antenne AESA devrait augmenter de 50% la portée du radar, mais augmenter aussi le nombre de cibles suivies, etc. Toutefois, ce n'est pas là l'avantage majeur de cette technologie : ses modules étant indépendants, la perte (panne ou brouillage) de quelques uns ne nuit pas au fonctionnement global. Il devient donc à la fois plus résistant aux contre-mesures, et considérablement plus fiable. Un tel radar pourrait même se passer de toute dépose pour entretien pendant toute sa vie !


2) Spectra

    Spectra (Système de Protection et d'Evitement des Conduites de Tir contre le RAfale) est l'équipement de contre-mesure du Rafale. Totalement intégré à la cellule de l'avion, afin de ne pas encombrer de pylônes précieux pour l'armement, il comprend un ensemble complet de détection électromagnétique, laser, et infrarouge (détection des missiles hostiles) couvrant les 360° autour de l'avion dans tous les spectres. Il est également le système supportant les brouilleurs de l'avion, ainsi que les leurres. L'ensemble est géré par 3 ordinateurs GIC (Gestion de l'Interface et Compatibilité) :

    Parenthèse : il est intéressant de noter qu'il existe en fait un grand flou sur la réalité des indications ci-dessus. Souvent, les émetteurs et récepteurs sont confondus d'une source à l'autre, ou selon les époques. Parfois, des informations existent, alors que d'autres n'existe pas. Par exemple : l'avant du carénage de la dérive contiendrait un brouilleur, mais on ignore encore ce que contient vraiment le carénage situé à la base de la dérive entre les deux moteurs, et orienté vers l'arrière (remplaçant du même coup le parachute de queue, dont la fonction est rattrapée par une crosse). On sait juste que c'est en rapport avec Spectra. Fermons la parenthèse.


Le DAL (à droite en haut), l'antenne brouilleuse (emplanture canard), et un récepteur radio (collé à l'entrée d'air)

Spectra assure donc une veille dans tous les spectres, et ce sur 360°. Il est capable de :
  1. détecter de façon totalement passive une source avec une précision de moins de 1°
  2. l'identifier (par comparaison des signaux à une banque de données)
  3. établir une hiérarchisation des menaces
  4. la localiser et présenter ça au pilote, tout en tenant en compte les élévations du terrains, afin d'afficher directement les zones de dangers et les chemins possibles. Cette localisation pourrait éventuellement servir à une riposte, c'est à dire à tirer un missile sur la menace.


    Bien que le but soit de détecter pour ne pas avoir à brouiller, si besoin est, il peut également brouiller (brouillage offensif dont le faisceau est tellement fin qu'il est compatible avec la précision du système de réception (moins de 1°); cette finesse permet de brouiller sans que le faisceau n'alerte d'autres systèmes hostiles) et leurrer (paillettes, fusée, électro-optique) automatiquement, et proposer au pilote les manœuvres les plus adaptées en réaction.

    Il a également clairement été dit que Spectra contribue à la "discrétion" du Rafale, grâce à des techniques tout à fait spécifiques à cet avion. Certaines de ces techniques permettraient notament de réduire considérablement la SER de l'avion (Surface Equivalente Radar). A ce titre, il faut savoir que quatre chambres anéchoïdes ont été construites pour ce programme, et que Spectra est un système particulièrement coûteux.

    Mais ce système de 250kg, utilisant des techniques nouvelles en France telles que l'interférométrie, le balayage électronique, le traitement numérique, les transmetteurs d'état, n'a pas que la relativement "simple" fonction de protection de l'avion. Avec ses récepteurs radio, il peut bien écouter son environnement et enregistrer les données disposant ainsi d'une petite capacité SIGINT/ELINT.

    Bien-sûr, Spectra ne cessera de se développer, ne serait-ce que pour sa banque de données de signaux radar. D'ailleurs, le DDM actuel étant déjà obsolète (problème de disponibilité des composants de remplacement), un nouveau DDM équipera le Rafale à partir de 2012.


3) L'OSF

    L'OSF est un équipement servant à la détection et à la poursuite passive air-air/air-sol/air-mer. Il est constitué :

L'OSF

    Une fonction FLIR (Forward Looking InfraRed : observation vers l'avant dans l'infrarouge) est également possible, bien qu'on lui préfère largement un équipement indépendant.

    Pour 2012, un nouvel OSF est prévu, avec une portée accrue (TV et IR) et certainement des capacités tous temps améliorées.


4) La liaison 16

    Bien que la liaison 16 ne soit pas véritablement un capteur, elle n'en est pas moins un moyen pour le Rafale de se renseigner passivement sur ce qui l'entoure.

    Le principe est simplement de rester en liaison permanente avec tous les autres appareils en vol, ou au sol. Que ce soit les chasseurs amis et alliés, les AWACS, les navires, ou les stations au sol, la liaison 16 permet à chacun des acteurs de recevoir des informations sur l'environnement (position des chasseurs amis/ennemis, batteries SAM connues, navires... détectés par les autres), et même, si nécessaire, d'en envoyer.

    Pour cela, le Rafale est doté d'un poste "MIDS-LVT" de 29kg, assurant des transfert à 100kbits/s sur 360°. Ce système est à même de tenir une communication discrète et protégée avec les avions de guet (AWACS, J-Stars, autres patrouilles, autres Rafale...), afin d'échanger des informations de toutes sortes (niveau des jauges de carburant, munitions restantes, cibles détectées...).

    Notons au passage que les postes de radio du Rafale sont également protégés, et compatible fréquences fixes, Have Quick II (évasion lente), Saturn (évasion rapide, Second generation Anti-jam Tactical UHF Radio for Nato) et Crypto, pour la transmission des paroles, mais aussi de certaines données.

    Pour en finir avec les échanges de données, il est envisagé pour l'avenir des liaisons avec des UCAV (Unmanned Combat Air Vehicule = drône d'attaque ; Rafale chef de patrouilles de drônes) et les satellites.




E/ Armement et emports

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