F/ Intégration totale et SNA

G/ Habitacle et IHM

    L'habitacle et l'IHM (Interface Homme-Machine) du Rafale devaient offrir le maximum de confort à l'équipage, même sous les manoeuvres les plus serrées. En plus de ça, il devait lui permettre d'utiliser l'avion et ses différents systèmes de la façon la plus simple possible et dans toutes les circonstances.

1) Confort

    L'une des premières impressions marquant les pilotes s'asseyant dans l'habitacle du Rafale est... la position couchée. Les études préliminaires sur le Rafale montrèrent qu'un siège incliné à 32° était le meilleur compromis entre visibilité et tenu aux facteurs de charges. L'inclinaison du siège a pour but de réduire la distance verticale entre le cœur et le cerveau, ce qui a pour effet immédiat de demander moins d'effort au pilote lors des manœuvres sous fortes accélération (le Rafale manœuvrant sous 9g). Il est effectivement admis qu'un pilote installé à 60° d'inclinaison gagne en résistance un peu plus d'1g (environ 1,3g). Avec un angle d'attaque maximal d'environ 30°, un Rafale en manœuvre avec un siège à 32° coucherait donc son pilote sous 62°, celui-ci subissant les effets d'un virage sous 7,7g au lieu de 9g. Toutefois, sur les Rafale de série, les sièges sont calés à 29° : les pilotes les plus petits atteindront le tableau de bord avec moins de difficultés, et il faut dire aussi qu'un siège trop incliné provoque des problèmes de cervicales à long terme (les pilotes de F-16 sont nombreux à l'avoir découvert). Le pilote jouit donc d'une inclinaison sous facteurs de charge élevé d'environ 59°, et ne ressens que 8g au lieu de 9, ce qui est un gain formidable. Ainsi, en plus de leur combinaison anti-G (gain de 1 à 2g en résistance), le confort est tel que les pilotes peuvent parler distinctement à la radio ou aux commandes vocales, même sous 9g.

    D'autres éléments de confort :

2) Interface Homme-Machine (IHM)


Le tableau de bord du Rafale (photo Dassault Aviation)


    Le tableau de bord du Rafale est particulièrement innovant : les avertissements peuvent être donné vocalement par l'avion et il se compose de quatre visualisations en couleur, et compatibles NVG (Night Vision Goggles-Lunettes de vision nocturne).

    La traditionnelle VTH (Visualisation Tête Haute), à champs large de 30x22°. Elle retranscrit toutes les informations de vol (vitesse, altitude, assiette, cap, horizon artificiel, angle d'attaque, alarmes, etc), donne, par exemple les temps de vol effectués (graphiquement avec un camembert) et restant (numériquement) des Mica grâce à la LAM. Elle donne également le Jx pour les décollages, valeur précieuse assurant le bon fonctionnement des moteurs, et permettant au pilote de se passer de l'évaluation "de tête" du rapport temps sur distance. Les images FLIR peuvent y être superposer. Dans le cas très particulier du Rafale B, le navigateur n'a pas véritablement de VTH, mais une recopie de celle du pilote superposée à une vue en couleur vers l'avant de l'avion, ce qui permet à ce dernier de ne rien perdre en visibilité;

    La VTM (Visualisation Tête Moyenne), collimatée à l'infini pour éviter au pilote d'accommoder lorsque son regard vient de la VTH (confort de l'oeil), et placée juste en dessous de la VTH pour que le pilote puisse la regarder rapidement grâce à la courte distance avec la VTH (ces deux dernières caractéristiques restent pour l'heure propres au Rafale). Ses dimensions sont de 25,4x25,4cm (carré de 10 pouces de côté), sa résolution est de 1000x1000, et son champs de 20°x20°. La VTM a pour vocation de présenter la situation tactique au pilote par une vue "divine" dans laquelle toutes les données de tous les capteurs sont fusionnées, ce qui comprend les cibles, le tout superposé sur une carte de navigation. Un mode loupe est utilisable pour mieux percevoir les objectifs, observer les tactiques... Y sont également représentés les enveloppes de tir du Scalp, ou même du Mica. Pour ce dernier, l'enveloppe est représentées par une bulle ovale (forme calculée en temps réel en fonction des différents paramètres) autour de chaque cible, au contours en pointillé pour la portée de tir maximale, et en trait continu pour les tirs en NEZ (No Escape Zone = distance à laquelle la cible n'a théoriquement aucune chance de s'en sortir). En mode Dogfight, la distance minimale de tir est également représentée. Lors des engagements air-air, une représentation latérale de l'engagement est également montrée afin que le pilote perçoive bien la géométrie du combat.


Représentation des enveloppes de tir du Mica autour de la cible
 -bulle jaune pâle (pointillés) pour distance max, jaune vif pour NEZ-
 (photo extraite de "Global Punch", Dassault Aviation)


    Les écrans latéraux, eux, servent à la gestion des systèmes. Chacun est de dimension 15x15cm, et sont tactiles, afin d'économiser pour l'affichage l'espace que prendrait la couronne de touches comme sur les écrans habituels. Pour leurs fonctions, par exemple, l'écran de droite donne les informations de navigation, les alertes Spectra et autres capteurs, tandis que celui de gauche gère l'avion et son armement, les configurations du SNA etc. Toutefois, le pilote choisit ce qu'il veut y afficher. Ces écrans étant tactiles, le pilotes porte des gants avec de la peau de chamois sur les doigts spécialement pour les nettoyer en cas de besoin. Si le fait de mettre le doigt sur l'écran est certainement plus intuitif, il est tout de même possible d'utiliser des trackball sur manette et manche afin d'y diriger un pointeur.

    En plus de ces quatre visualisations, le pilote utilise un viseur de casque, nommé "Gerfaut". Cet équipement permet d'afficher dans la visière les informations les plus essentielles, afin que le pilote les voit où qu'il regarde. Le casque est par ailleurs doté de capteurs permettant de reconnaitre la position de la tête, et donc de déduire où le regard du pilote se promène, y compris la direction de la cible qui l'intéresse. Ainsi, le casque a la précieuse capacité de renseigné les capteurs (OSF, SPECTRA, missiles, radar) sur la position d'une cible à engager d'urgence. Cet atout est essentiel dans les combats aériens modernes, mais trouve également son intérêt pour l'attaque au sol (ralliement à une nacelle de désignation,...).

    Dernier point, et pas moindre, le Rafale met à disposition des commandes vocales. Les commandes vocales permettent au pilote de dialoguer avec le SNA grâce à des mots clefs, et est utilisé pour des systèmes non critiques pour la sécurité. Ces commandes trouvent par exemple leur intérêt pour l'activation de fonctions, ou l'armement de certaines armes de façon très intuitive. Le système comporte un vocabulaire de 50 à 300 mots qu'il peut reconnaitre au premier coup dans 95% des cas. Un mot étant reçu et traité en 200ms, un avertissement visuel permet de s'assurer qu'il a été reconnu, ce qui au départ n'est pas évident vu la grande diversité des algorithmes mis en jeux, selon le ton, le stress, et les efforts endurés par le pilote.


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    Bien entendu, la configuration du tableau de bord, et l'IHM ont été lourdement évalués en simulateurs afin de s'assurer qu'ils permettent de tirer le meilleur parti de l'avion dans toutes les missions que rencontrera l'avion.




H/ Maintenance, mise en oeuvre

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