G/ Habitacle et IHM

H/ Maintenance, mise en oeuvre

    Le Rafale ne serait pas digne représentant des avions Dassault s'il n'était pas aussi un avion facile à mettre en oeuvre, peu couteux, et formidablement fiable.

    Idéalement, un technicien connecterait un ordinateur à l'avion pour obtenir un comte-rendu de son état. C'est chose faite. L'avion nécessite 30% de personnel en moins qu'un Mirage 2000 (qui est déjà un bon étalon dans ce domaine), et la cellule n'a pas besoin d'un retour à l'atelier pendant sa durée de vie.

    Ceci a été obtenu, entre autre, par la réduction des parties mobiles (pas d'aérofrein, pas de souris dans les entrées d'air...) comme dans la conception générale (la verrière basculant complètement sur le côté permet de remplacer le siège éjectable en 10 minutes avec seulement deux personnes). Ces performances tiennent également, par exemple, à l'emploi d'un système OBOGS (génération d'air) à la place des bouteilles d'oxygène à remplacer après les vols, ou l'utilisation d'éjecteurs pneumatique pour les points d'emport, au lieu des traditionnels systèmes pyrotechniques.

    La cellule, elle-même, est prévue pour 7000 heures, et dispose d'un systèmes de surveillance propre, l'IHUMS (Integrated Health and Usage Monitoring System = Système intégré de surveillance de l'état et de l'utilisation) à même de détecter 95% des anomalies.

    Le MDPU (Intégration) est testé avec un banc d'essai électronique destiné à trouver automatiquement les LRU (Line Replaceable Unit = élément remplaçables en ligne) défectueux. Dans ce cas, il suffit de remplacer les "coupables", et uniquement eux, sachant que le MDPU est composé de 18 LRU à base de composants commerciaux (PowerPC, moins cher et plus disponibles).

    Même le moteur M88 est conçu de façon modulaire, autour de 21 modules remplaçable sans test. Pour le reste, les calculateurs du M88 sont déjà capable de fournir toutes les données de façon autonome,  ce qui fait qu'il n'y a pas besoin de banc d'essai dédié dans les bases ou porte-avions (le Charles de Gaulle en a tout de même un, par tradition). Sur le Rafale, les deux M88 sont remplaçables en seulement 1h45, contre 3 heures pour le moteur unique du Mirage 2000. Autre point fort, alors qu'un M53 était à réviser toutes les 75 heures de vol, et bien que l'objectifs de départ pour le M88 soit de 150 heures, il s'est montré capable de tenir avec 500 heures entre chaque révisions ! A l'avenir, selon les composants employés, ce temps entre révisions pourrait s'étendre à 800 ou même 1000 heures.

    En terme de mise en oeuvre, dans le cadre d'une projection importante de 20 Rafale, il suffirait de quatre C-130 Hercules pour fournir les pièces nécessaires à 30 jours de service.

    Il est certes paradoxal de parler de ceci dans la section "maintenance, mise en oeuvre", mais même l'enregistreur de vol du Rafale (sa boîte noire) est le fruit des nouvelles technologies : les puces ont remplacé les systèmes magnétiques. Résistant à 1100°C en incendie, aux chocs jusqu'à 34000m/s² et aux immersions en eaux profondes, il permet la restitution des trajectoires, mouvements autour du centre de gravité, état des systèmes, et même les conversations de l'équipage... en cas de mauvaise maintenance tragique (ou dégâts et erreur de pilotage...).




I/ Conclusion

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