E/ Armement et emports

F/ Intégration totale et SNA

1) Intégration totale

    Dès le départ, à la fois dans l'optique de réduire la charge de travail du pilote, mais également pour profiter du meilleur de chaque élément de l'avion (par exemple en vue de la plus haute survivabilité, ou de la plus grande précision du SNA (Système de Navigation et d'Attaque)), il a été demandé le plus haut degrés d'intégration des équipements.

    Concrètement, sur le Rafale, tout est en réseau. Capteurs, commandes de vol, FADEC du moteur, visualisations, armements, communications, systèmes divers de l'avion y compris les circuits de servitude (démarrage, hydraulique, électricité, carburant et conditionnement). Tout est échangeable, avec traitement synchronisé commun avec possibilité de transmettre toutes les données.

    Cette intégration, qui n'est pas une simple "sensor fusion" (ralliement des capteurs) est gérée par deux très puissants calculateurs : le MDPU (Modular Data Processing Unit - Unité modulaire de traitement de l'information).

    L'intégration de toutes ces données procède de la façon suivante : établissements de fichiers "piste", partage des informations pour compenser les limitations de certains capteurs, traitements des fausses pistes et redondances, etc.

    Ce qui, en somme, permet d'accroitre globalement la portée de tous les capteurs (RBE-2, OSF, SPECTRA, L16 et missile -Mica IR-), d'en présenter les différentes informations au pilote sous la forme la plus claire possible (sur sa VTM sur une sorte de vue "divine" de la situation), d'employer des tactiques furtives, mais aussi de grandement faciliter la maintenance.

    Ainsi, par "fusion" des informations entre SPECTRA, l'OSF et la liaison 16 (pas forcément tous à la fois), il est possible pour un Rafale de tirer un missile Mica IR de façon totalement passive (sans recourt au radar indiscret) sur une cible, et ce même à longue portée, et virtuellement même si la cible est derrière le Rafale.

    De même, tout émetteur radar devient localisable précisément par triangulation avec les données des autres Rafale de la patrouille (L16 + SPECTRA), afin de pouvoir bombarder des sites radars, SAM, etc (même si Spectra peut peut-être le faire seul, sans assistance de la L16).


2) Navigation

    Pour atteindre le meilleur niveau de survivabilité, tout en étant capable d'atteindre les objectifs les plus défendus, il a fallu appréhender plusieurs aspects des guerres modernes : premièrement, tant que l'on n'est pas totalement indétectable, les hautes altitudes sont toujours sous la menaces de SAM (Sol-Air Missile) de longue portée. De fait, voler en TBA (Très Basse Altitude) demeure un très bon moyen de s'infiltrer discrètement en territoire hostile, en échappant aux radars (développant un effet de surprise), et en se mélangeant au fouilli du sol. Cependant, en TBA, ce sont les missiles portatifs qui deviennent une menace. Pour cela, il faut profiter au maximum de la nuit et des météos sans visibilité (brouillards, nuages). Enfin, le seul moyen d'échapper aux batteries de DCA (Défense Contre Aviation) est de voler en haut subsonique, vitesses auxquelles ces systèmes sont mis en difficulté.

    Bien que le Rafale puisse recourir au missile Scalp pour les missions périlleuses, il rencontrera probablement des missions nécessitant tout de même la possibilité de voler à très grande vitesse en TBA, avec la météo la plus défavorable possible.

    L'intégration totale est à l'origine du puissant pilote automatique dirigeant l'avion. Parlons de navigation. Pour se repérer dans l'espace, le Rafale est équipé d'une centrale inertielle à gyroscope laser, couplée à un récepteur GPS :
    En plus de cela, le Rafale M dispose du Télémir pour se fixer sur la référence Porte-avion.

    Ces dispositifs n'étant pas forcément suffisamment précis, le RBE-2, capable de cartographie, permet le recalage de la navigation, si son utilisation est possible dans le contexte de la mission (question de discrétion, même si ses émissions sont sensées être difficilement repérables).

    Pour naviguer en suivi de terrain en haut subsonique, le Rafale dispose en mémoire d'une carte numérisée de 300 000 km². Le mode de suivie de terrain sur carte numérisée est optimal en terme de discrétion. Toutefois, il n'est pas suffisamment précis pour assurer une suivie de terrain en milieu accidenté (et peut-être inconnu) en volant à 30 mètres du sol à très grande vitesse avec des accélérations de 5,5g. Pour cela, c'est le RBE-2 qui entre en action, avec sa cartographie 3D. Il se combine au CET (Calculateur d'Elaboration de Trajectoire) qui prépare des trajectoires complexes jusqu'à 10km à l'avance, avec couplage des conduites de tir pour utiliser les armes au mieux. Notons que le CET sert aussi pour automatiser les approches sur porte-avion.

    Au dessus de la mer, la suivie de terrain se fait au raz des vagues, grâce à un radio-altimètre LPI efficace de 0 à 10 500 pieds.



G/ Habitacle et IHM

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